Cristina B., médecin roumain spécialiste en anesthésie et réanimation, a accepté un nouveau défi professionnel, celui d’exercer en France. Elle a été d’accord de nous parler de ses premières semaines après son installation : «Votre cabinet de recrutement fait vraiment des efforts pour intégrer les médecins qui veulent travailler à l’étranger et offre des contrats divers. En ce qui me concerne, j’ai probablement eu l’avantage que ma spécialité, anesthésie et réanimation, est très recherchée, alors on trouve beaucoup de contrats.»

Êtes vous bien intégré dans le Centre Hospitalier ?

L’intégration dans un autre pays n’est pas facile, même si on est un bon professionnel, la barrière de langue est ressentie, je l’ai sentie sur moi-même. Alors, mon opinion est qu’on doit connaitre parfaitement la langue française si on veut impressionner dès la première rencontre. En ce qui me concerne, même si je me suis intégrée relativement bien dans l’équipe, j’ai ressenti immédiatement l’impact de mon niveau de langue, les français étaient plus réservés. Bien sûr qu’on va progressivement convaincre avec ses compétences, celui-ci étant mon cas aussi.  Je me suis imposée pas à pas, après une période d’observation (qui existe, même si on ne nous dit pas). Tout le monde t’observe, analyse ce que tu sais faire.

Par rapport aux différences de pratiques médicales, avez vous perçu un grand écart entre les françaises et celles de votre pays ? 

La France est un pays avec des mentalités diverses en fonction de la zone où tu t’installes, avec des ethnies diverses, un système de santé très social (je ne sais pas comment ils résistent, dans un monde du contrôle financier acerbe). La différence entre le système de santé français et celui roumain este énorme, il n’y a pas de comparaison. Je ne parle pas de l’insuffisance matérielle et de l’équipement des hôpitaux. Deux aspects m’ont impressionné en France. Dans les hôpitaux publics, tout vise le besoin du patient, il n’y a pas de restriction pour aucun service médical, et l’attitude face au patient est extrêmement « affectueuse », je pourrais dire. Peu importe la condition financière du patient, son âge, son métier, tout le monde prend le temps pour lui parler, lui expliquer, porter l’attention sur lui.

Le deuxième aspect est le fait qu’on est encouragé de participer à des cours dans tous les domaines, à des congrès, à des formations professionnelles. En Roumanie, peu importe si tu investis dans des cours de spécialisation, mais si tu en es intéressé, tu dois payer de ta poche. Et après si tu veux changer des aspects médicaux suite aux cours de formation, tu n’es pas encouragé, tu es plutôt marginalisé.

Comment vous vous sentez dans votre poste actuel et en France ?

Le premier contact est en fait un point de départ. Mon opinion est que tu dois venir déterminé pour t’adapter, pour connaitre le système de santé français, pour apprendre parfaitement le français, et après tu auras plus d’opportunités d’obtenir des contrats meilleurs. Le marché d’offres médicales en France est très divers, au moins de la perspective de ma spécialité, on peut travailler dans un hôpital public, ou comme remplaçant, ou dans le système privé pour un grand salaire. Cela dépend de ce qu’on souhaite, une petite ou grande ville, une clinique universitaire, un petit hôpital prêt à te garder parce qu’il a besoin de toi ou une clinique privée prête à te payer cher car la responsabilité professionnelle est à ta chargé.

Avez vous apprécié les services de P&P CONSEIL (vos interlocuteurs ? notre accueil ?)

Je vous remercie pour votre aide et disponibilité d’essayer de trouver le contrat que chacun souhaite, en fonction des offres de France. Votre cabinet offre des contrats plus variés que les autres cabinets de recrutement. C’est sûr qu’à la fin du contrat, l’expérience de chacun va dire si le choix du poste comble ses attentes, mais cela dépend des compétences de chacun ou s’il est prêt à franchir la période difficile d’adaptation.

Quels conseils donneriez vous pour réussir une bonne carrière en France ?

Pour une bonne carrière en France, je crois qu’on doit être très mécontent du système de santé roumain, où on donne des pots-de-vin régulièrement et on est soumis aux directeurs sans droit de parler ; on doit être ouverts à apprendre de nouvelles choses et de travailler en appliquant les doctrines médicales. On doit venir déterminé pour lutter avec les idées préconçues que les étrangers ont concernant les roumains et pour s’imposer progressivement dans un monde qui a un système de santé bien mis au point, mais qui a ses gens médisants et parfois bordéliques, car ils sont des latins aussi.

Les français ne sont pas parfaits concernant le comportement humain, mais leur système permet l’efficacité, soutient la performance et encourage le perfectionnement. Et on est récompensé pour l’effort financièrement et par le respect des autres.

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