Pourquoi 2014 ?

L’année 2014 est en quelque sorte emblématique pour l’emploi de médecins. En effet, depuis l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à l’UE, et plus récemment de la Croatie, la démographie médicale française a subi quelques spécifications.

Le marché de l’emploi médical français a accueilli un grand nombre de médecins, provenant de ces pays. Entre 2007 et 2014, le Conseil de l’Ordre des Médecins constate que l’effectif des médecins inscrits régulièrement au tableau a augmenté d’un peu plus de 10%. Plus de 55% des médecins de ce groupe sont nés dans un pays de l’Union Européenne. Ainsi, on peut retrouver une certaine corrélation entre l’augmentation des effectifs sur le marché de l’emploi médical en France et l’entrée de la Bulgarie et la Roumanie dans l’UE.

 

Pourquoi la France a fait appel à ces médecins étrangers ?

La principale raison est la mise en place du numerus clausus pour les étudiants en médecine dans les années 1980. Cela signifie que tous les ans, le Ministère de la Santé fixe le nombre d’étudiants de médecine. Le but, à l’époque, a été d’éviter la paupérisation de la profession médicale. Parallèlement, la population française a connu des changements importants : vieillissement, mobilité… Depuis une dizaine d’années, le numerus clausus est régulièrement augmenté.

Cependant, former un professionnel de la santé est un exercice long. Pour devenir médecin spécialiste, on fait plus de 10 ans d’études. De plus, compte tenu que les nouveaux diplômés sont très sollicités, leur choix démarre difficile. Si la rémunération n’est pas un facteur déterminant, la géolocalisation de l’emploi de médecin peut devenir un facteur clé dans le choix du médecin.

D’autre part, l’immigration médicale depuis l’Europe de l’Est coïncide avec les flux migratoires généralistes. Les orientations politiques de l’Europe ont fait que cette dernière a entamé une ouverture envers ces pays dès le début des années 2000. En pratique, cela signifie que si jusqu’à 2007 les médecins roumains et bulgares devaient valider leur diplôme par une procédure longue et fastidieuse, après leur adhésion à l’UE leurs diplômes sont automatiquement reconnus en France. De plus, les règles de la libre circulation s’appliquent désormais aux citoyens bulgares et roumains. Or, cela facilite considérablement leur embauche et favorise leur mobilité.

Néanmoins, avant 2014, pour qu’un établissement de santé embauche un médecin bulgare ou roumain, il était nécessaire de faire des démarches auprès de la préfecture de la région, afin d’obtenir un titre de séjour pour le médecin. Certes, la procédure a été facilitée par les autorités françaises, il ne reste que c’est une procédure qui demande un investissement en temps et en ressources humaines. De même, la Croatie, qui présente des caractéristiques socio-économiques proches de la Roumanie et de la Bulgarie, a adhéré à l’UE en 2014.

 

Quelles évolutions sur le marché de l’emploi médical ?

Le Conseil de l’Ordre note une décroissance du nombre des médecins sur le territoire français. Il serait réducteur de penser que cela résulte uniquement de l’existence du numerus clausus. En effet, près de 25% des jeunes diplômés en médecine en France ne choisissent pas l’exercice de la médecine : ils rejoignent les groupes pharmaceutiques ou choisissent une activité administrative ou journalistique.

De plus, on assiste aussi à une féminisation et un vieillissement des professionnels.

Emploi similaires